Pourquoi la police végane nuit au mouvement

Je débuterai ce billet en vous faisant une confidence : depuis les derniers mois, j’éprouve un très grand malaise face à certains commentaires qui sont partagés sur ma page Facebook. Parfois, ça me déprime. Il s’agit de commentaires sur le contenu mais aussi sur ma façon de militer et de partager des actualités et des découvertes. Je ne compte plus les fois où l’on m’a écrit :

« Oui, mais ce produit peut contenir des traces de…donc ce n’est pas végane! »
«Ce produit vient d’une compagnie végane qui est achetée par une multinationale donc ce n’est pas bon!»
«Tu devrais partager uniquement des produits de compagnies 100% véganes et éthiques!»

Vous voyez le genre?

Ce groupe de personnes qui vous critique si vous ne vivez pas le véganisme de telle ou telle façon est : la police végane. 

La police végane agit comme si elle était l’autorité végane; elle seule détient la vérité et la bonne façon de vivre un mode de vie sans cruauté et végane. Si on tombe en dehors de ce cadre, c’est fichu – nous ne sommes pas de vrais.es véganes! C’est tout ou rien! Habituellement, ces personnes ne sont pas là pour discuter, elles veulent plutôt nous imposer leur façon de voir les choses.

Personnellement, je trouve que la police végane est très néfaste pour le mouvement car elle donne l’impression que pour être végane, il faut atteindre une perfection… qui n’existe pas. En effet, dans le monde dans lequel nous vivons, il est impossible d’être 100% végane. Comprenez-moi bien, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas l’être à 100% qu’on ne devrait pas l’être du tout, ou qu’on ne devrait pas faire des petits efforts pour changer nos habitudes de vie, bien au contraire!

Mais je crois que lorsqu’on recherche la perfection, lorsqu’on souligne les failles des autres et qu’on cherche à prouver que l’un est plus végane que l’autre, on oublie le portrait global et l’essentiel du véganisme :  aider les animaux en participant le moins possible à leur exploitation et en vivant avec compassion.

98% végane?

S’il est impossible d’être 100% végane, c’est parce que nous avons toutes et tous des contraintes liées à notre propre réalité : notre âge, notre situation familiale, nos ressources, notre budget, notre localité, etc. Aussi, sans que cela nous réjouisse, il peut arriver qu’à un moment ou l’autre dans notre vie, nous ayons besoin de produits dont la production a engendré du tort aux animaux. Nous vivons dans un monde où l’exploitation animale est partout autour de nous, c’est parfois difficile d’y échapper!

Prenons l’exemple des médicaments. Ces derniers doivent être testés sur les animaux avant leur mise en marché, c’est la loi. Lorsque nous devons prendre des médicaments, on se retrouve à contribuer à l’expérimentation animale, bien malgré nous. Sommes-nous moins véganes pour autant? Bien sûr que non! Négliger notre santé n’aidera pas plus la cause animale.

Perdons-nous notre étiquette végane si nous oublions de demander au serveur du resto si la soupe du jour est à base de bouillon de poulet; si on achète un shampoing d’une compagnie sans cruauté et végane qui appartient au géant Unilever; si on accepte de garder des bas de laine tricotés par notre grand-mère ou si on frappe accidentellement un animal sur la route?

La réponse est : Non. 

Et cela ne devrait pas être sur quoi nous focalisons. L’idée est de faire le moins de tort aux animaux, en faisant du mieux possible, le plus souvent possible et lorsque nous le pouvons! Nous ne sommes pas véganes pour l’étiquette et avoir une carte de membre d’un club sélect. On est véganes pour les autres et pour un monde meilleur.

Ces questions me font beaucoup réfléchir à l’image qu’a le véganisme dans la société. J’ose imaginer que les gens voient cela comme quelque chose de positif, qui aide à la fois les animaux et l’environnement et qui en plus, est bon pour la santé. J’aime voir les initiatives qui favorisent l’accessibilité au véganisme. Mais je crains que les actions de la police végane sont contre-productives et qu’elles n’encouragent pas les gens à tendre vers le changement.

Qu’en pensez-vous? 

Pour conclure, j’aimerais vous écrire de ne pas vous décourager si des personnes vous font des commentaires plates au sujet de votre mode de vie ou certains de vos choix. Ça peut être blessant et fâchant, j’en conviens! Mais il ne faut pas oublier que votre façon de vivre le véganisme, est la meilleure façon pour vous!

Quelques ressources sur le sujet :

Images de couverture : We Animals