Chers véganes, l’intimidation ne sauvera pas les animaux ni la planète

Ces dernières semaines, plusieurs cas d’intimidation auprès de producteurs laitiers, entre autres, ont été discutés dans les médias.

Des agriculteurs.trices reçoivent des messages violents et menaçants de la part d’extrémistes véganes via les réseaux sociaux et ce, à répétition. Si souvent, que certains de ces travailleurs doivent passer des dizaines de minutes par jour pour effacer les commentaires haineux qui se retrouvent sur leur page Facebook.

Et en même temps, l’inverse se passe aussi : plusieurs personnes prennent plaisir à insulter et harceler des véganes qui tentent d’avoir des conversations ouvertes et posées. J’ai personnellement eu à faire face à des menaces sérieuses l’automne dernier; un événement troublant pour lequel j’ai dû rencontrer la Sûreté du Québec, imaginez-vous.

L’intimidation, peut importe la cause, ne devrait jamais être cautionnée.

Je suis végane depuis maintenant sept ans et en ce moment, je suis choquée, peinée et déçue que ce sont ces événements qui font parler du véganisme dans les médias. Ce type d’actions ne ressemble pas à ce que je connais et ce que je vois autour de moi, un mode de vie qui est plutôt axé sur la compassion et la bienveillance.

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Nous vivons dans une société qui exploite les animaux, autant pour l’alimentation, que pour l’habillement, les tests pharmaceutiques et cosmétiques ainsi que pour le divertissement. Lorsqu’on regarde le portrait global, il est vrai que c’est très déprimant, cruel et injuste.

Être végane, c’est faire le choix de participer le moins possible à toutes ces formes d’exploitation.

Mais être véganes ne nous rend pas soudainement parfaits, supérieurs ni irréprochables. Cela ne nous autorise pas à condamner tout le reste du monde qui ne vit pas comme nous et surtout, cela ne justifie en aucun temps des tactiques d’intimidation et la violence.

Vous en connaissez beaucoup des personnes qui se sont ouvertes au véganisme après s’être fait harceler et traiter d’hypocrite, de lâche ou de meurtrière?

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Avec ces propos, je m’attends bien sûr à recevoir plusieurs messages négatifs de personnes qui me diront qu’il faut parfois choquer et brasser les choses pour activer un changement. Je reçois souvent des messages haineux de la part de véganes extrémistes qui me reprochent d’être trop douce et flexible dans mon approche.

J’en ai rien à cirer.

Je préfère de loin prôner l’exemple et miser sur l’ouverture, l’entraide et le véganisme positif – celui qui, sans nier toutes les souffrances infligées aux animaux, encourage les petits pas et les changements concrets. Et la bonne nouvelle est que je ne suis pas la seule! Plusieurs autres personnes choisissent de montrer cette face du véganisme.

Finalement, rappelons-nous que le chemin pour mettre fin à l’exploitation animale est long. Gardons nos énergies pour les trucs importants et faisons-nous le plus d’alliés.es possible. Cela ne peut qu’engendrer des conséquences positives pour les animaux, les autres humains et la planète.