Petit guide pour prévenir la fatigue de compassion lorsqu’on défend la cause animale

J’ai la profonde conviction que l’humain n’a pas besoin d’exploiter les animaux pour son plaisir ni pour sa survie. Aussi, j’estime que nous avons la responsabilité d’éviter de les faire souffrir inutilement.

Ces dernières années, en plus d’être végane dans mon quotidien, j’utilisais tous les moyens pour aider les animaux et pour sensibiliser les gens autour de moi : rédaction d’articles, écriture d’un livre, transport d’animaux, bénévolat à la SPCA de Montréal, participation à des manifestations, donner des conférences, faire des dons mensuels à des sanctuaires et des dons ponctuels pour des levées de fonds Go Fund Me d’animaux dans le besoin, etc.

J’avais l’impression que la vie et la mort d’animaux dépendaient de moi et de ne jamais en faire assez. Pourtant, j’étais en train de m’épuiser.

Je ressentais une grande tristesse. Je me sentais ensevelie sous le poids de la souffrance animale que je portais sur mes épaules.

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Si vous vous reconnaissez un peu à travers mon histoire, je vous invite à prendre un moment pour vous, pour lire la suite de ce petit guide. Vous y trouverez les trucs qui m’ont aidée à surmonter la fatigue de compassion. Aujourd’hui, ces outils m’aident toujours pour prendre soin de ma santé mentale et pour préserver un équilibre entre mon engagement pour la cause animale et les autres choses que j’aime dans la vie. En espérant que cela puisse vous aider également!

Tout d’abord, lorsqu’on se sent triste ou déprimé à cause de la cruauté animale, il est important de :

  • Ne pas se culpabiliser de se sentir ainsi. Ces émotions sont normales.
  • Comprendre qu’il est impossible de sauver tous les animaux, même si l’on voudrait que ce soit autrement.
  • Parler de notre peine à quelqu’un en qui on a confiance. Cela permet de se sortir des pensées troubles et de remettre certaines choses en perspective.
  • Consulter notre médecin et un thérapeute lorsque notre état ne semble pas s’améliorer et que la tristesse nous empêche de faire nos activités quotidiennes.

Qu’est-ce que la fatigue de compassion?

Il s’agit d’un épuisement psychologique qui survient suite à une exposition à des situations difficiles, voire traumatisantes. Des situations que nous avons vécues, vues ou entendues à répétition et devant lesquelles nous nous sommes retrouvés impuissants, bien souvent. Les symptômes de la fatigue de compassion ressemblent à ceux d’un burn-out : se sentir dépressif, irrité, submergé, fatigué physiquement et psychologiquement entre autres.

Les médecins, les infirmiers.ères, les vétérinaires, les psychologues, les policiers.ères et les intervenants.es sociaux, entre autres, sont susceptibles de développer des symptômes de fatigue de compassion. En raison de leurs métiers, ils et elles doivent gérer des situations difficiles et écouter des histoires malheureuses ou traumatisantes et ce, à répétition.

Les personnes qui défendent la cause animale et les véganes sont aussi sujettes à la fatigue de compassion puisqu’elles sont souvent confrontées à des images et des vidéos graphiques en plus d’être exposées à des cas de cruauté animale.


Ma trousse à outils pour prévenir ou surmonter la fatigue de compassion

Faire un plan pour prendre soin de soi 

Recharger ses batteries avec une bonne alimentation et en faisant de l’exercice au moins 30 minutes à tous les jours. Cela peut être aussi simple que revenir du bureau en marchant ou encore, faire une vidéo d’exercice de Tone it up dans son salon.

Privilégier les moments pour soi et créer des rituels bien-être. Ce n’est pas égoïste, c’est même nécessaire! Prendre un bain, se faire un soin du visage et écouter quelques épisodes de notre série préférée, c’est cliché mais ça fait tellement de bien! La méditation pleine conscience et l’acupuncture sont également de très bons alliés pour nous aider à ralentir et pour favoriser notre bien-être.

Renouer avec nos passions et découvrir de nouvelles choses qui n’ont pas de lien direct avec les animaux : la musique, le jardinage, les arts visuels, la danse, l’histoire, les jeux vidéos, etc. En variant nos intérêts et nos sujets de conversations, la souffrance animale cesse tranquillement d’occuper toutes nos pensées.


Reconnaître et respecter nos limites 

– C’est tout à fait correct de s’éloigner des conversations négatives qui grugent trop d’énergie. Autant dans notre quotidien que sur les réseaux sociaux.

Réduire notre temps passé sur les réseaux sociaux et se désabonner des comptes ou des personnes qui ne nous font pas sentir bien.

Accepter que nous ne pouvons pas sauver tous les animaux. Même si l’on avait beaucoup de sous et de temps, la tâche serait beaucoup trop grande pour qu’elle repose uniquement sur nous.  C’est même irréaliste! Au lieu de se trouver poche de ne pas en faire assez, une approche bienveillante face à ce problème serait de se dire : « Je sais que je ne peux pas sauver tous les animaux mais mes actions servent à aider plusieurs animaux et ça, c’est très positif! »

Se donner le droit d’être imparfaits.es et de vivre avec nos contradictions. Pendant longtemps, j’ai eu cette impression que mes échecs ou mes contradictions faisaient de moi une mauvaise végane, donc une mauvaise personne. Les véganes extrémistes sont fidèles au poste pour nous le faire croire, n’est-ce pas? On exige la perfection sans quoi, toutes nos actions ne valent rien. Cette idée d’absolu est tellement forte qu’elle en vient à décourager des gens de s’intéresser au véganisme et elle crée même de l’anxiété chez certaines personnes en transition et des véganes de longue date.

Je vis avec plusieurs contradictions : je suis végane, mais je dois prendre des médicaments; je refuse catégoriquement d’acheter des produits d’origine animale mais je trouve du plaisir à manger un dessert fait avec des œufs et du lait, préparé avec amour par une amie; je veux être plus écolo, j’achète en vrac et des produits de saison, mais je prends l’avion deux fois par année. Tout ça ne mérite pas d’être entouré au crayon rouge. Nos quelques imperfections n’annulent pas toutes les bonnes actions que nous faisons. Si nous avons de la compassion pour les animaux, il ne faut pas oublier d’en avoir également envers nous-même.


Reconnecter avec les animaux

– Si vous avez des animaux à la maison, favorisez les séances de jeux et de câlins avec eux.

– Regarder des vidéos d’animaux mignons ou d’histoires d’animaux qui finissent bien. Par exemple, The Dodo propose des séries joyeuses et touchantes qui vous feront certainement du bien! J’adore particulièrement Little But Fierce, Soulmates et Pittie Nation.

– Visiter un sanctuaire pour animaux peut nous faire beaucoup de bien. Cela  nous permet d’établir un contact direct avec des animaux et d’avoir un aperçu de ce à quoi ressemble la liberté. C’est beau et ça nous motive à continuer de défendre les animaux. Voici trois sanctuaires pour animaux rescapés près de chez nous :  SAFE, en Estrie, et pas très loin en Ontario, le Penny Lane Farm Sanctuary et le Refuge RR.

Pennylanesanctuary
Penny Lane Farm Sanctuary

Ressources utiles